Variole du singe (mpox) : symptômes, test PCR, clades, vaccin et traitement

L'essentiel
La variole du singe, aujourd'hui appelée mpox (ou variole B en France), est une infection virale qui donne des boutons douloureux, souvent avec de la fièvre et des ganglions gonflés. Elle se transmet surtout par contact étroit peau à peau, notamment lors des rapports sexuels, et guérit le plus souvent en 2 à 4 semaines. Elle se confirme par un test PCR sur un écouvillon de lésion, pas par une prise de sang. Un vaccin protège les personnes exposées. En France, 427 cas ont été signalés de janvier à septembre 2026.
Variole du singe (mpox) : qu'est-ce que c'est, en bref ?
- Cause : le virus Monkeypox, un orthopoxvirus de la même famille que le virus de la variole. La mpox est beaucoup moins grave et circule toujours[1].
- Deux clades : le clade I (sous-clades Ia et Ib) et le clade II (IIa et IIb). L'épidémie mondiale de 2022 était due au clade IIb[1].
- Fréquence : de janvier 2025 à juillet 2026, 105 pays ont déclaré à l'OMS 65 784 cas confirmés et 264 décès[2].
- Gravité : la plupart des malades guérissent à domicile. En juillet 2026, 0,5 % des cas confirmés dans le monde sont décédés[2], surtout des personnes dont l'immunité est très affaiblie[10].
- Test clé : une PCR sur un prélèvement de lésion[4], en général accompagnée d'un dépistage du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles (IST)[10].
Variole du singe : quels sont les premiers symptômes, et à quoi ressemblent les boutons ?
Les symptômes apparaissent en général dans la semaine qui suit la contamination, mais peuvent survenir entre 1 et 21 jours après[1]. Dans une étude de 528 malades de 2022, la médiane était de 7 jours[12].
- Fréquent Une éruption de boutons, présente chez 95 % des malades de cette étude. Les lésions étaient souvent peu nombreuses (10 ou moins chez 64 %) et situées dans la région génitale ou anale (73 %)[12]. Elles touchent aussi le visage, les paumes, la plante des pieds ou la bouche[4].
- Fréquent Fièvre (62 %), fatigue (41 %), courbatures (31 %) et maux de tête (27 %), souvent avant les boutons ; ganglions gonflés chez 56 %[12].
- Possible Mal de gorge, mal de dos[1], et douleurs ou saignements de l'anus quand les lésions sont à l'intérieur du rectum[8].
- Rare Atteinte de l'œil, inflammation du cœur (myocardite) ou atteinte des reins : 2 hospitalisations chacune sur 528 malades[12].
Comment évoluent les boutons. Chaque lésion passe de la tache plane au relief, puis à la vésicule et à la pustule souvent creusée au centre, avant la croûte. Le stade de pustule dure environ 5 à 7 jours, et les croûtes restent environ une semaine avant de tomber[8]. Contrairement à la varicelle, l'éruption survient en une seule poussée[7]. La maladie dure 2 à 4 semaines, et l'on reste contagieux jusqu'à la chute de toutes les croûtes[1][7].
Les lésions de mpox se confondent facilement avec un herpès génital, une syphilis, la varicelle, le zona, la rougeole, la gale ou une allergie médicamenteuse[4]. Seul un test permet de les distinguer.
Quand consulter pour des boutons qui font penser à la variole du singe ?
Quand consulter
- Urgence : appelez le 15 (SAMU) ou le 112 en cas de difficulté à respirer, de confusion, de raideur de la nuque, de douleur dans la poitrine, d'œil rouge et douloureux ou de baisse de la vue, d'impossibilité d'avaler ou d'uriner, ou de boutons qui s'étendent vite chez une personne immunodéprimée.
- Dans les 24 à 48 heures pour une éruption nouvelle ou inexpliquée, des plaies sur le sexe, l'anus ou dans la bouche, ou une fièvre avec des ganglions gonflés, surtout après un contact étroit avec une personne atteinte. Appelez votre médecin ou un CeGIDD (centre de dépistage des IST) ; en attendant, isolez-vous et couvrez les lésions[4]. Une femme enceinte, un enfant ou une personne vivant avec un VIH mal contrôlé doit être vu sans attendre[10].
- Au prochain rendez-vous pour savoir si la vaccination vous est recommandée, ou pour organiser un dépistage régulier du VIH et des IST.
Comment se transmet la variole du singe, et qui est le plus exposé ?
Le virus passe par contact étroit avec les boutons, les croûtes, les muqueuses ou les liquides d'une personne malade, moins souvent par les gouttelettes, et par ses objets (linge, serviettes, rasoir, vaisselle)[4]. Il se transmet aussi de la mère à l'enfant[1].
- Fréquent Les rapports sexuels, avec ou sans pénétration[7]. En 2022, la transmission était probablement sexuelle dans 95 % des cas, presque tous chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes[12]. En France en 2026, 79 % des hommes qui connaissaient leur contaminateur citaient un partenaire sexuel[5].
- Possible Le contact au sein du foyer : le clade Ib touche aussi les enfants et se transmet en dehors des rapports sexuels[4].
- Rare Une piqûre accidentelle chez les soignants, ou une morsure d'animal infecté en Afrique[1].
Risque plus élevé de forme grave : les personnes dont l'immunité est très affaiblie (VIH avec moins de 200 CD4/mm³, greffe), eczéma, enfants, grossesse et allaitement[10].
Clades I et II : la mpox est-elle encore une urgence en 2026, et où en est la France ?
L'OMS a déclaré deux fois la mpox urgence de santé publique de portée internationale : en 2022, pour l'épidémie de clade IIb, et en août 2024, pour l'extension du clade I en Afrique[1]. La seconde a été levée le 5 septembre 2025, sans que la menace soit écartée, a précisé l'OMS[3].
En septembre 2026, l'OMS classait toujours l'épidémie multipays comme une urgence « graduée » et a prolongé ses recommandations permanentes jusqu'en août 2027. En juillet 2026, 32 pays ont déclaré 1 370 cas, aux trois quarts en Afrique (Madagascar en tête). Le clade Ib circule dans la population de plusieurs pays européens, dont la France ; le risque mondial est jugé modéré[2].
En France, du 1er janvier au 30 septembre 2026, 427 cas de variole B (mpox) ont été signalés. Quand le clade a pu être identifié, 82 % des cas relevaient du clade Ib et 18 % du clade IIb. 90 % étaient des hommes ; 40 % vivaient en Île-de-France et 18 % à Mayotte ou à La Réunion. 10 % ont été hospitalisés, surtout pour des douleurs intenses, et 77 % n'avaient reçu aucune dose de vaccin depuis 2022[5].
Les deux clades se ressemblent sur la peau et se testent, se soignent et se préviennent de la même façon[8].
Comment se fait le test de la variole du singe, et comment lire le résultat ?
La confirmation repose sur la recherche de l'ADN du virus par PCR[4]. Le meilleur prélèvement est un frottis appuyé d'une lésion : peau, liquide ou croûte[1]. En France, on prélève en priorité une lésion des muqueuses, puis de la peau ou de la gorge, en ville sur prescription[7]. Aux États-Unis, le résultat arrive en 2 à 4 jours[9]. Voici un compte-rendu inventé.
| Analyse | Résultat | Valeurs de référence | Signal |
|---|---|---|---|
| Virus Monkeypox (MPXV), ADN, PCR en temps réel (écouvillon de lésion, pli de l'aine) | Détecté | Non détecté | * |
| Virus Monkeypox, identification du clade (PCR) | Clade Ib | Sans objet | |
| Sérologie VIH 1 et 2, test combiné antigène p24 et anticorps (4e génération) | Négatif | Négatif | |
| Sérologie syphilis, test tréponémique | Négatif | Négatif | |
| Chlamydia trachomatis et Neisseria gonorrhoeae, PCR (premier jet d'urine) | Non détecté | Non détecté |
- ADN du virus Monkeypox, marqué * : « détecté » confirme la mpox[9]. Certains laboratoires écrivent « Orthopoxvirus », la famille du virus. Si c'est « non détecté », demandez quelle autre cause a été recherchée.
- Clade : il n'est pas toujours donné. En France, le Centre national de référence des Orthopoxvirus caractérise les virus pour la surveillance[6]. Le clade ne change pas votre prise en charge[8].
- VIH, syphilis, chlamydia et gonocoque : le CDC les conseille chez toute personne sexuellement active ayant une mpox suspectée ou confirmée[10]. En 2022, 29 % des malades testés avaient une autre IST en même temps[12]. Voir nos guides sur le test du VIH et le dépistage des IST.
Une PCR, des sérologies VIH et syphilis, peut-être une NFS sur le même compte-rendu ? BloodSense lit chaque ligne de votre compte-rendu complet, explique ce que veut dire chaque résultat et vous aide à préparer vos questions pour le médecin.
Faire expliquer mon compte-renduPourquoi la prise de sang n'est pas le test principal. L'OMS ne recommande pas les tests sanguins pour diagnostiquer la mpox[1] : le virus se trouve surtout dans les lésions. Les sérologies (IgM et IgG) sont peu utiles, car elles ne distinguent pas la mpox des autres orthopoxvirus[1]. Une NFS ou une CRP servent en cas de forme sévère ou de surinfection, sans confirmer ni écarter la mpox. Pour comprendre le principe de la PCR, voir notre guide des résultats de PCR.
Quel suivi après une variole du singe ?
En France, la personne malade s'isole chez elle jusqu'à la cicatrisation complète des lésions de la peau et des muqueuses, en général 21 jours[4]. Le suivi porte sur la douleur, la surinfection, les yeux, la bouche et l'anus. L'agence régionale de santé (ARS) peut vous appeler pour recenser vos contacts[6]. Si le test VIH revient positif, le traitement antirétroviral doit commencer dans les 7 jours suivant le diagnostic, et les personnes déjà traitées le poursuivent[1].
Quel est le traitement de la variole du singe, et est-ce que la mpox se guérit ?
Oui, dans la grande majorité des cas, la mpox guérit seule[4]. Aucune dose n'est indiquée ici : l'équipe médicale décide.
- Traitement des symptômes : calmer la douleur, soigner la peau, s'hydrater, traiter les surinfections[4].
- Técovirimat : un antiviral autorisé en Europe, disponible en France dans des centres spécialisés pour les formes graves hospitalisées[7]. Deux grands essais ne montrent pas qu'il accélère la guérison : clade I au Congo, 7 jours contre 8 sous placebo[14] ; clade II, 83 % contre 84 % de guérison au 29e jour[15]. Aux États-Unis, il reste proposé aux personnes atteintes ou menacées d'une forme grave[11].
- Formes graves : d'autres médicaments (brincidofovir, cidofovir, immunoglobulines antivaccine) peuvent être envisagés par des spécialistes[11].
Existe-t-il un vaccin contre la variole du singe, et pour qui ?
Oui. En France, deux vaccins antivarioliques de 3e génération du même fabricant sont utilisés, Imvanex et Jynneos (vaccin MVA-BN). La primovaccination comprend deux doses à au moins 28 jours d'intervalle[7]. Dans une étude américaine, deux doses étaient efficaces à 66 % contre la mpox, une seule dose à 36 %[13].
La Haute Autorité de santé recommande la vaccination préventive des personnes les plus exposées (hommes ayant des relations avec des hommes et personnes trans multipartenaires, travailleurs du sexe, et leurs proches), et un rappel aux personnes vaccinées en 2022 ou seulement dans l'enfance[4].
- Après un contact à risque, se faire vacciner dans les 4 jours, au plus tard 14 jours[4].
- Faire les deux doses : la deuxième protège mieux[13].
- Au retour d'un pays où le virus circule, surveiller les symptômes 21 jours[4].
- En cas de mpox, éviter les contacts proches et ne partager ni linge ni vaisselle jusqu'à la chute des croûtes[4].
Questions à poser à votre médecin
- Mes boutons peuvent-ils être une mpox, ou une autre infection comme un herpès ou une syphilis ?
- Quelles lésions allez-vous prélever, et quand aurai-je le résultat ?
- Faut-il aussi me dépister pour le VIH, la syphilis, la chlamydia et le gonocoque ?
- Jusqu'à quand dois-je m'isoler, et comment protéger les personnes qui vivent avec moi ?
- Quels signes doivent me faire appeler le 15 ?
- Dois-je, ou mes partenaires doivent-ils, se faire vacciner ou recevoir un rappel ?
Questions fréquentes
Mpox, variole du singe, variole B : est-ce la même maladie ?
Oui. L'OMS a renommé la maladie « mpox » ; le virus s'appelle toujours virus Monkeypox[1]. En France, Santé publique France emploie « variole B (mpox) »[4].
Peut-on attraper la mpox sans rapport sexuel ?
Oui. Un contact peau à peau ou du linge partagé suffisent, comme dans les foyers[4].
Le vaccin contre la variole reçu dans l'enfance protège-t-il de la mpox ?
Pas assez pour s'en contenter : la Haute Autorité de santé recommande une dose de rappel aux personnes exposées qui n'ont été vaccinées que dans l'enfance[4].
Peut-on avoir la mpox après avoir été vacciné ?
Oui, c'est possible, même après un schéma complet. Ces infections sont en général moins graves que chez les personnes non vaccinées[7].
Analyses et guides liés
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Références
- Organisation mondiale de la Santé. Variole simienne (mpox). Aide-mémoire, 26 août 2024. who.int (consulté le 7 novembre 2026)
- Organisation mondiale de la Santé. Multi-country outbreak of mpox. External situation report no. 69. 14 septembre 2026. who.int (consulté le 7 novembre 2026)
- Organisation mondiale de la Santé. Director-General's opening remarks at the media briefing, 5 septembre 2025. who.int (consulté le 7 novembre 2026)
- Santé publique France. Variole B (Mpox) : la maladie. Mis à jour le 30 octobre 2026. santepubliquefrance.fr (consulté le 7 novembre 2026)
- Santé publique France. Variole B (mpox) en France du 1er janvier au 30 septembre 2026. Bulletin national, 30 octobre 2026. santepubliquefrance.fr (consulté le 7 novembre 2026)
- Santé publique France. Variole B (Mpox) : notre action (surveillance, déclaration obligatoire, CNR des Orthopoxvirus). Mis à jour le 30 octobre 2026. santepubliquefrance.fr (consulté le 7 novembre 2026)
- Vaccination Info Service (professionnels de santé). Mpox (Variole du singe). Mis à jour le 11 février 2026. vaccination-info-service.fr (consulté le 7 novembre 2026)
- Centers for Disease Control and Prevention. Clinical signs and symptoms of monkeypox. 14 janvier 2026. cdc.gov (consulté le 7 novembre 2026)
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- Thornhill JP, Barkati S, Walmsley S, et al. Monkeypox virus infection in humans across 16 countries, April-June 2022. N Engl J Med. 2022;387(8):679-691. doi:10.1056/NEJMoa2207323 (consulté le 7 novembre 2026)
- Deputy NP, Deckert J, Chard AN, et al. Vaccine effectiveness of JYNNEOS against mpox disease in the United States. N Engl J Med. 2023;388(26):2434-2443. doi:10.1056/NEJMoa2215201 (consulté le 7 novembre 2026)
- PALM007 Writing Group. Tecovirimat for clade I MPXV infection in the Democratic Republic of Congo. N Engl J Med. 2025;392(15):1484-1496. doi:10.1056/NEJMoa2412439 (consulté le 7 novembre 2026)
- Zucker J, Fischer WA 2nd, Zheng L, et al. Tecovirimat for the treatment of mpox. N Engl J Med. 2026;394(9):884-895. doi:10.1056/NEJMoa2506495 (consulté le 7 novembre 2026)
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