L'essentiel

On parle de tension basse (hypotension artérielle) en général sous 90/60 mm Hg, soit « 9/6 » comme on le dit souvent en France. Beaucoup de personnes en bonne santé vivent avec ces chiffres sans aucun traitement. Elle compte quand elle donne des vertiges ou des malaises, chute au lever ou baisse brutalement : cela peut signaler une déshydratation, un saignement, l'effet d'un médicament, une infection, ou un problème cardiaque ou hormonal. Une prise de sang aide à trouver la cause.

Tension basse : qu'est-ce que c'est, en bref ?

  • Nom médical : hypotension artérielle. Chez la plupart des adultes, une tension normale est inférieure à 120/80 mm Hg, et une tension basse inférieure à 90/60 mm Hg[1]. Les deux chiffres sont expliqués dans notre guide sur la mesure de la tension artérielle.
  • Souvent sans gravité : certaines personnes ont toujours une tension basse, et c'est normal pour elles[1]. Sans symptôme, une tension basse ne demande souvent aucun traitement[2].
  • Hypotension orthostatique : une baisse d'au moins 20 mm Hg du chiffre du haut, ou de 10 mm Hg du chiffre du bas, dans les 3 minutes qui suivent le lever[3]. Elle touche environ 1 personne sur 5 après 60 ans vivant à domicile[4] ; en France, le VIDAL l'estime à environ 7 % de la population et 16 % des plus de 65 ans[11].
  • Examens clés : la tension couché puis debout, un électrocardiogramme (ECG), une numération formule sanguine (NFS) et un ionogramme avec urée et créatinine, complétés selon la cause suspectée[2].

Quels sont les symptômes d'une tension basse ?

Les symptômes viennent d'un manque passager de sang dans le cerveau et les autres organes. Les plus fréquents sont[2] :

  • des vertiges ou une tête qui tourne, surtout en se levant ;
  • une vision floue ou un « voile noir » ;
  • un malaise, voire une perte de connaissance (syncope) ;
  • de la faiblesse, de la somnolence, des difficultés à se concentrer ou une confusion ;
  • des nausées.

Chez la personne âgée, l'hypotension orthostatique peut se traduire seulement par une pensée ralentie ou des chutes inexpliquées, sans sensation de malaise[8]. Si les vertiges sont votre principal problème, notre page sur les causes des vertiges présente les autres pistes, comme l'oreille interne.

Une tension très basse avec une peau froide, moite et pâle, une respiration rapide et superficielle et un pouls faible et rapide est une autre situation : elle fait penser à un état de choc, une urgence médicale[2].

Tension basse : quand faut-il s'inquiéter ?

Le chiffre seul ne suffit pas : un jeune adulte à 88/58 mm Hg qui se sent bien n'est pas en danger. Ce qui compte, c'est une baisse brutale par rapport à votre tension habituelle, les symptômes et le contexte[1].

Quand consulter

  • Urgence : appelez le 15 (SAMU) ou le 112 si une personne perd connaissance et ne se réveille pas vite, ou si la tension basse s'accompagne d'une douleur dans la poitrine, d'un essoufflement, d'une confusion, d'une peau froide et moite, d'un cœur qui bat très vite ou de façon irrégulière, d'un saignement abondant, de selles noires ou de vomissements de sang, ou d'une forte fièvre avec un état très altéré. Commencez le massage cardiaque si la personne ne respire pas ou n'a pas de pouls[2].
  • Dans les 24 à 48 heures si vous avez perdu connaissance, même une seule fois, et que vous avez récupéré ; si les vertiges au lever sont nouveaux ou s'aggravent ; ou si les symptômes ont commencé après le début ou le changement d'un médicament[2][6].
  • Au prochain rendez-vous si votre tension est souvent sous 9/6 avec des symptômes légers, ou si vous avez fait une chute sans raison claire.

Quelles sont les causes d'une tension basse ?

Les causes vont du banal au grave. Elles sont classées ici de la plus fréquente à la moins fréquente[2][5][8] :

  • Fréquent Tension basse constitutionnelle : une tension naturellement basse, souvent chez la jeune femme mince, sans aucune maladie.
  • Fréquent Manque de liquide : déshydratation liée à la chaleur, à la fièvre, aux vomissements ou à la diarrhée, ou au fait de ne pas boire assez.
  • Fréquent Médicaments et alcool : traitements de l'hypertension artérielle et des maladies du cœur, diurétiques, certains antidépresseurs et anxiolytiques, antalgiques, et alcool.
  • Fréquent Station debout prolongée dans la chaleur ou la foule : une baisse réflexe (hypotension d'origine neurale, proche du malaise vagal), surtout chez l'enfant et le jeune adulte.
  • Possible Après les repas : l'hypotension postprandiale, une baisse dans les 2 heures environ qui suivent le repas, surtout chez la personne âgée, la personne hypertendue et en cas de maladie de Parkinson[9].
  • Possible Perte de sang ou anémie : un saignement digestif lent ou des règles abondantes peuvent réduire le volume de sang.
  • Possible Grossesse : la tension baisse normalement aux premier et deuxième trimestres.
  • Possible Problèmes cardiaques : un rythme lent ou irrégulier, une maladie des valves ou une insuffisance cardiaque.
  • Possible Atteinte des nerfs qui commandent les vaisseaux (hypotension orthostatique neurogène), par exemple avec un diabète ancien ou une maladie de Parkinson. Elle peut même en être un signe précoce[8].
  • Rare Problèmes hormonaux : maladie d'Addison (insuffisance surrénale), thyroïde qui fonctionne au ralenti ou atteinte de l'hypophyse.
  • Rare État de choc : infection grave (septicémie), réaction allergique grave (anaphylaxie), hémorragie importante ou infarctus. La chute est alors brutale et profonde, et demande des soins d'urgence.

L'âge augmente le risque de chute de tension au lever : l'hypotension orthostatique concerne environ 5 % des moins de 50 ans et jusqu'à 30 % des plus de 70 ans[5].

Quels examens pour trouver la cause d'une tension basse, et comment les lire ?

La tension couché, puis debout. C'est l'examen clé. La tension est mesurée après 5 minutes allongé, puis 1 et 3 minutes après le lever[12]. Une baisse de 20/10 mm Hg ou plus confirme l'hypotension orthostatique[3][6]. Le pouls est noté en même temps : si le cœur accélère à peine pendant que la tension chute, une cause nerveuse (neurogène) est plus probable qu'une déshydratation ou un médicament[8]. Les mesures à domicile aident aussi : notre page sur la tension normale selon l'âge explique comment les prendre et les comparer.

ECG. Il recherche un rythme cardiaque lent, rapide ou irrégulier[2]. D'autres examens du cœur, un test d'inclinaison (« tilt-test ») ou une mesure de la tension sur 24 heures (MAPA) sont proposés quand un malaise reste inexpliqué[6].

La prise de sang. Elle ne mesure pas la tension, mais elle révèle plusieurs de ses causes[2][7] :

Analyses de sang souvent demandées devant une tension basse, et ce qu'un résultat anormal peut évoquer
AnalyseCe qu'elle peut montrer
Numération formule sanguine (NFS)Hémoglobine basse (anémie, perte de sang) ; globules blancs élevés (infection)
Ionogramme, urée, créatinine, glycémieUrée élevée avec créatinine normale, soit un rapport urée/créatinine élevé (déshydratation) ; sodium bas avec potassium élevé (problème surrénalien) ; glycémie (diabète)
Cortisol du matin (vers 8 h)Une valeur basse fait suspecter une insuffisance surrénale, à confirmer par un test de stimulation
TSHUne thyroïde qui fonctionne au ralenti
Vitamine B12Une carence qui peut abîmer les nerfs qui commandent les vaisseaux
Lactates, hémocultures (à l'hôpital)Des lactates élevés avec une tension très basse orientent vers un état de choc, par exemple une septicémie[10]
Exemple fictif de compte-rendu après un malaise (format d'un laboratoire français)
AnalyseRésultatValeurs de référenceInterprétation
Hémoglobine10,4 g/dL12,0 à 16,0 g/dL↓
Urée10,4 mmol/L2,5 à 7,5 mmol/L↑
Créatinine80 µmol/L45 à 90 µmol/L
Sodium137 mmol/L135 à 145 mmol/L
  1. Flèches : ↑ au-dessus, ↓ en dessous des valeurs du laboratoire.
  2. Hémoglobine basse : moins de transporteurs d'oxygène et peut-être moins de volume de sang ; le médecin recherchera une perte de sang ou un manque de fer.
  3. Urée élevée avec créatinine normale : converties en unités américaines, ces valeurs donnent un rapport BUN/créatinine d'environ 32 ; au-dessus de 20, ce profil évoque souvent une déshydratation ou un saignement digestif haut, plutôt qu'une maladie des reins.
  4. Valeurs de référence : elles varient d'un laboratoire à l'autre ; seules celles imprimées sur votre compte-rendu comptent.

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Comprendre mes analyses de sang

Comment suivre une tension basse dans le temps ?

Le suivi dépend de la cause. En cas de symptômes au lever, on vous demande souvent de tenir un carnet de tension : mesures le matin, assis puis debout, et au moment des symptômes. Les analyses anormales sont refaites : NFS après le traitement d'une anémie, sodium et potassium après un changement de diurétique, cortisol ou TSH si un problème hormonal a été trouvé. Dans l'hypotension orthostatique neurogène, la tension est aussi contrôlée couché, car elle s'accompagne souvent d'une tension trop haute en position allongée[8].

Le suivi compte même sans symptôme : l'hypotension orthostatique est associée à plus de chutes, d'infarctus, d'AVC, d'insuffisance cardiaque et de fibrillation atriale[5].

Quel est le traitement de l'hypotension ?

Une tension basse sans symptôme ne demande en général aucun traitement[2]. Sinon, le traitement vise la cause, par étapes, en commençant sans médicament[6][7][8] :

  • Revoir les médicaments : le médecin peut baisser une dose ou changer un traitement. N'arrêtez jamais un médicament de vous-même[2].
  • Boissons et sel : boire davantage et, si le médecin est d'accord, saler un peu plus. Déconseillé en cas d'insuffisance cardiaque ou de maladie des reins.
  • Contention : des bas de contention ou une ceinture abdominale, sur avis médical, évitent que le sang stagne dans les jambes et le ventre[12].
  • Traiter la cause : fer ou transfusion en cas d'anémie, hormones de remplacement en cas d'insuffisance surrénale ou thyroïdienne, perfusion et antibiotiques en cas de septicémie.
  • Médicaments qui font monter la tension : seulement si les symptômes persistent malgré ces mesures, prescrits et surveillés par un médecin[6][7]. En France, la midodrine et la fludrocortisone sont les deux médicaments cités pour l'hypotension orthostatique neurogène[12].

L'état de choc se traite à l'hôpital, avec des perfusions comme le Ringer lactate et des médicaments qui resserrent les vaisseaux ; le choc septique se définit par le besoin de ces médicaments pour garder une pression artérielle moyenne d'au moins 65 mm Hg, avec des lactates au-dessus de 2 mmol/L[10].

Tension basse : que faire pour la remonter et éviter les malaises ?

  • Levez-vous lentement : asseyez-vous un moment au bord du lit avant de vous mettre debout[2].
  • Buvez suffisamment dans la journée, davantage quand il fait chaud ou en cas de fièvre, et limitez l'alcool[2].
  • Si vous vous sentez mal, asseyez-vous ou allongez-vous tout de suite et surélevez les jambes[2].
  • Apprenez les manœuvres de contre-pression : croiser les jambes en serrant les cuisses, ou serrer les poings, peut faire monter la tension pendant un court moment[6].
  • Si les vertiges suivent les repas, mangez de plus petites quantités, avec moins de sucres rapides, et reposez-vous après le repas[9].
  • Évitez de rester longtemps debout sans bouger dans la chaleur si cela déclenche vos symptômes[2].

Questions à poser à votre médecin

  1. Ma tension basse est-elle normale pour moi, ou quelque chose la provoque-t-il ?
  2. Un de mes médicaments peut-il faire baisser ma tension ?
  3. Faut-il mesurer ma tension couché puis debout ?
  4. Mes analyses montrent-elles une déshydratation, une anémie ou un problème hormonal ?
  5. Puis-je boire davantage et saler un peu plus sans risque ?

Questions fréquentes

Une tension de 9/6, est-ce trop bas ?

C'est le seuil habituel : sous 90/60 mm Hg, on parle de tension basse[1]. Exactement 9/6 chez une personne qui se sent bien ne pose pas de problème. Ce qui compte, c'est votre ressenti et le fait que ce chiffre soit nouveau ou non pour vous.

Vaut-il mieux avoir une tension basse qu'une tension haute ?

À long terme, une tension naturellement basse et sans symptôme n'est pas nocive. Une chute brutale, ou une baisse à chaque lever, c'est autre chose : elle augmente le risque de chute et elle est associée à des problèmes du cœur et du cerveau[5].

Une tension basse peut-elle fatiguer ?

Oui, la fatigue et la somnolence font partie des symptômes possibles[2]. Mais la fatigue a bien d'autres causes, comme une anémie ou un problème de thyroïde, qu'une prise de sang permet de vérifier.

Le café fait-il remonter la tension ?

La caféine peut faire monter la tension pendant un court moment, et elle est parfois proposée contre les malaises après les repas[9]. Elle ne traite pas la cause.

Pourquoi ma tension baisse-t-elle quand je me lève ?

Debout, le sang s'accumule dans les jambes, et le corps doit en quelques secondes resserrer les vaisseaux et accélérer le cœur. La déshydratation, les médicaments, l'âge et une atteinte des nerfs affaiblissent cette réponse[8].

Articles liés

  1. National Heart, Lung, and Blood Institute. Low blood pressure: what is low blood pressure? National Institutes of Health. nhlbi.nih.gov (consulté le 27 octobre 2026)
  2. MedlinePlus Medical Encyclopedia. Low blood pressure. Revu le 1er janvier 2025. US National Library of Medicine. medlineplus.gov (consulté le 27 octobre 2026)
  3. Freeman R, Wieling W, Axelrod FB, et al. Consensus statement on the definition of orthostatic hypotension, neurally mediated syncope and the postural tachycardia syndrome. Clin Auton Res. 2011;21(2):69-72. doi:10.1007/s10286-011-0119-5 (consulté le 27 octobre 2026)
  4. Saedon NI, Pin Tan M, Frith J. The prevalence of orthostatic hypotension: a systematic review and meta-analysis. J Gerontol A Biol Sci Med Sci. 2020;75(1):117-122. doi:10.1093/gerona/gly188 (consulté le 27 octobre 2026)
  5. Ricci F, De Caterina R, Fedorowski A. Orthostatic hypotension: epidemiology, prognosis, and treatment. J Am Coll Cardiol. 2015;66(7):848-860. doi:10.1016/j.jacc.2015.06.1084 (consulté le 27 octobre 2026)
  6. Brignole M, Moya A, de Lange FJ, et al. 2018 ESC Guidelines for the diagnosis and management of syncope. Eur Heart J. 2018;39(21):1883-1948. doi:10.1093/eurheartj/ehy037 (consulté le 27 octobre 2026)
  7. Shibao C, Lipsitz LA, Biaggioni I. ASH position paper: evaluation and treatment of orthostatic hypotension. J Clin Hypertens. 2013;15(3):147-153. doi:10.1111/jch.12062 (consulté le 27 octobre 2026)
  8. Wieling W, Kaufmann H, Claydon VE, et al. Diagnosis and treatment of orthostatic hypotension. Lancet Neurol. 2022;21(8):735-746. doi:10.1016/S1474-4422(22)00169-7 (consulté le 27 octobre 2026)
  9. Jansen RW, Lipsitz LA. Postprandial hypotension: epidemiology, pathophysiology, and clinical management. Ann Intern Med. 1995;122(4):286-295. doi:10.7326/0003-4819-122-4-199502150-00009 (consulté le 27 octobre 2026)
  10. Singer M, Deutschman CS, Seymour CW, et al. The Third International Consensus Definitions for Sepsis and Septic Shock (Sepsis-3). JAMA. 2016;315(8):801-810. doi:10.1001/jama.2016.0287 (consulté le 27 octobre 2026)
  11. VIDAL. Hypotension orthostatique. Mis à jour le 6 décembre 2023. vidal.fr (consulté le 27 octobre 2026)
  12. VIDAL. Le diagnostic et les traitements de l'hypotension orthostatique. Mis à jour le 6 décembre 2023. vidal.fr (consulté le 27 octobre 2026)

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