Norovirus : symptômes, durée de contagion, analyses et traitement

L'essentiel
Le norovirus est le virus de la « gastro » qui provoque la plupart des épidémies de vomissements et de diarrhée brutale, surtout en hiver. Les symptômes commencent 12 à 48 heures après la contamination et durent en général 1 à 3 jours. Il n'existe pas de médicament spécifique : le principal danger est la déshydratation, surtout chez le jeune enfant et la personne âgée. On reste contagieux plusieurs jours après la guérison, et le gel hydroalcoolique agit mal sur ce virus : l'eau et le savon, oui.
Le norovirus, qu'est-ce que c'est ?
- Ce que c'est : un virus très contagieux, première cause de vomissements, de diarrhée et d'infections d'origine alimentaire aux États-Unis[1]. C'est l'une des causes de la gastro-entérite, souvent appelée « grippe intestinale », alors qu'il n'a rien à voir avec la grippe.
- En France : les gastro-entérites virales de l'hiver sont dues surtout aux norovirus et aux rotavirus ; les norovirus touchent tous les âges. Chaque hiver, ces gastro-entérites entraînent 1,4 à 4,0 millions de consultations de médecine générale, avec un pic début janvier[8]. Les norovirus causeraient environ 516 000 cas par an et un tiers des infections d'origine alimentaire[9].
- Dans le monde : environ 685 millions de cas par an, dont 200 millions chez les enfants de moins de 5 ans[2]. Aux États-Unis, 19 à 21 millions de malades, 109 000 hospitalisations et 900 décès par an en moyenne, surtout chez les personnes âgées[2].
- Pourquoi il se transmet si facilement : moins de 100 particules virales suffisent pour être infecté, et le virus survit bien sur les surfaces[5].
- Analyse clé : une RT-PCR sur les selles ou un panel multiplex, quand un test est vraiment utile[4].
Quels sont les symptômes du norovirus ?
Les symptômes apparaissent en général 12 à 48 heures après la contamination[1] :
- le plus souvent, diarrhée, vomissements, nausées et maux de ventre ;
- parfois, fièvre, maux de tête et courbatures.
La plupart des personnes guérissent en 1 à 3 jours[1]. Le risque est de perdre plus de liquide qu'on n'en boit. Les signes de déshydratation sont : moins d'urines, bouche et gorge sèches, vertiges en se levant ; chez l'enfant, pleurs avec peu ou pas de larmes, somnolence ou agitation inhabituelles[1].
Quand consulter pour un norovirus ?
Quand consulter
- Urgence : appelez le 15 (SAMU) ou le 112 en cas de confusion ou de somnolence inhabituelle, de malaise, d'absence d'urines pendant de nombreuses heures sans pouvoir garder aucune boisson, ou de sang dans les vomissements ou les selles avec un état général très altéré[3].
- Dans les 24 heures pour un bébé ou un jeune enfant qui boit peu ou mouille moins ses couches, une personne âgée qui vomit tout ce qu'elle boit, une femme enceinte ou toute personne immunodéprimée[1][3].
- Au prochain rendez-vous si la diarrhée dure plus de quelques jours ou revient souvent[3].
Comment attrape-t-on le norovirus, et qui est à risque ?
Le norovirus se transmet surtout de personne à personne : contact avec un malade, aliments ou boissons contaminés, surfaces touchées puis mains portées à la bouche[1]. Les épidémies sont fréquentes à l'hôpital, en maison de retraite, en crèche, à l'école, en colonie de vacances, à l'hôtel et sur les bateaux de croisière[8]. En France, la plupart des épidémies d'origine alimentaire liées au norovirus viennent de coquillages, surtout les huîtres crues ; plus rarement de plats préparés ou de fruits rouges[9].
- Tout le monde peut l'attraper, et plusieurs fois dans sa vie : il existe de nombreux types de norovirus, et l'immunité contre l'un ne protège pas toujours des autres[1].
- Risque de forme sévère : enfants de moins de 5 ans, personnes âgées et personnes immunodéprimées[1].
- Infection prolongée : chez les greffés et d'autres personnes immunodéprimées, le norovirus peut causer une diarrhée chronique pendant des mois[6].
Comment diagnostiquer un norovirus ? Les analyses et leur lecture
La plupart des malades n'ont pas besoin d'analyse : le diagnostic repose sur les vomissements et la diarrhée brutale, souvent chez plusieurs personnes en même temps. Les examens de selles servent surtout en cas d'épidémie, à l'hôpital, chez les personnes immunodéprimées ou quand les symptômes durent[3].
- RT-PCR sur les selles : le test de référence ; le meilleur échantillon est un prélèvement de selles entier[4]. Un résultat « détecté » pour le norovirus de génogroupe I ou II confirme l'infection.
- Panels multiplex : un seul test cherche de nombreux microbes à la fois, avec une sensibilité pour le norovirus proche de la RT-PCR[4].
- Tests rapides d'antigènes viraux : ils manquent beaucoup de cas (sensibilité de 50 à 75 %) ; un résultat négatif n'exclut donc pas le norovirus[4].
- Coproculture : elle ne trouve pas les virus, mais recherche des bactéries quand le tableau est inhabituel[3].
La prise de sang ne détecte pas le norovirus, mais à l'hôpital elle mesure les effets de la perte de liquide : l'ionogramme sanguin donne le sodium, le potassium et les bicarbonates, complété par l'urée et la créatinine pour les reins.
| Analyse | Résultat | Valeurs de référence | Interprétation |
|---|---|---|---|
| Norovirus GI/GII, RT-PCR (selles) | Détecté (GII) | Non détecté | POS |
| Potassium (kaliémie) | 3,2 mmol/L | 3,5 à 5,0 mmol/L | ↓ |
| Bicarbonates (réserve alcaline) | 19 mmol/L | 22 à 29 mmol/L | ↓ |
| Urée | 10,5 mmol/L | 2,5 à 7,5 mmol/L | ↑ |
| Créatinine | 88 µmol/L | 59 à 104 µmol/L | Normal |
- RT-PCR « Détecté » : le matériel génétique du virus a été trouvé dans les selles ; le génogroupe II est en cause dans la plupart des épidémies.
- Potassium et bicarbonates bas : des sels et des bases sont perdus avec la diarrhée et les vomissements.
- Urée élevée avec créatinine normale : l'urée monte plus que la créatinine, un profil souvent vu dans la déshydratation (voir le rapport urée/créatinine).
- Valeurs de référence : celles de ce tableau sont des exemples ; seules celles de votre compte-rendu comptent.
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Comprendre mes résultatsQuel suivi après un norovirus ?
La plupart des personnes n'ont besoin d'aucun suivi une fois qu'elles mangent et boivent normalement. Si la prise de sang était anormale, le médecin peut recontrôler le potassium, le sodium et la fonction rénale après la réhydratation. Chez une personne immunodéprimée dont la diarrhée dure, des RT-PCR répétées sur les selles aident à suivre l'infection[6].
Comment soigner un norovirus ?
- Boire d'abord : buvez beaucoup pour compenser les pertes. Les solutés de réhydratation orale (SRO) vendus en pharmacie sont les plus utiles en cas de déshydratation légère ; les boissons pour sportifs peuvent aider mais ne remplacent pas tous les sels perdus[1].
- Chez l'enfant : le SRO est proposé à volonté ; un sachet se dilue dans 200 mL d'eau et se garde 24 heures au réfrigérateur une fois préparé[12].
- Pas de médicament spécifique : les antibiotiques n'aident pas, car ils agissent sur les bactéries et non sur les virus[1].
- Déshydratation sévère : hospitalisation et perfusion[1] ; chez l'enfant, aussi en cas d'échec de la réhydratation par la bouche[12].
- Médicaments contre les vomissements ou la diarrhée : seulement sur avis médical, surtout chez l'enfant.
Comment éviter d'attraper ou de transmettre le norovirus ?
- Lavez-vous les mains à l'eau et au savon ; le gel hydroalcoolique agit mal sur le norovirus[7].
- Ne préparez pas de repas pour les autres et ne vous occupez pas de personnes fragiles jusqu'à au moins 48 heures après la fin des symptômes[7].
- Désinfectez les surfaces souillées avec une solution d'eau de Javel de 1 000 à 5 000 ppm, laissée au moins 5 minutes[7]. En France, l'ARS Provence-Alpes-Côte d'Azur conseille une partie d'eau de Javel commerciale à 5 à 6 % pour 9 parties d'eau[11]. Suivez l'étiquette de votre produit.
- Lavez le linge souillé sans le secouer, avec de la lessive, à l'eau chaude et au cycle le plus long, puis séchez-le en machine à haute température[7].
- Faites cuire les huîtres et autres coquillages à au moins 63 °C à cœur et jetez les aliments qui ont pu être contaminés[7] ; achetez des coquillages issus de zones de production autorisées et rincez bien à l'eau potable les fruits et légumes mangés crus[9].
- N'oubliez pas qu'on peut transmettre le virus 2 semaines ou plus après s'être senti guéri[1].
Questions à poser à votre médecin
- Moi ou mon enfant, faut-il un examen de selles, ou peut-on se soigner à la maison ?
- Combien faut-il boire, et quel soluté de réhydratation utiliser ?
- Quels signes de déshydratation doivent nous faire revenir ?
- Quand reprendre le travail, l'école ou la crèche ?
- Faut-il recontrôler mon potassium ou ma fonction rénale ?
Questions fréquentes
Norovirus : combien de temps est-on contagieux ?
On est surtout contagieux pendant la maladie et les premiers jours qui suivent, mais on peut transmettre le virus 2 semaines ou plus après s'être senti guéri[1]. Il faut donc continuer à bien se laver les mains.
Peut-on attraper le norovirus deux fois ?
Oui. Il en existe de nombreux types, et la protection après une infection est partielle et de durée inconnue[1].
Le norovirus est-il une intoxication alimentaire ?
Il peut l'être : il cause un tiers des infections d'origine alimentaire en France[9]. Mais une intoxication alimentaire peut aussi venir de bactéries comme les salmonelles, que la coproculture peut trouver.
Quelle différence entre norovirus et rotavirus ?
Les deux donnent vomissements et diarrhée. Le rotavirus touche surtout les enfants de moins de 5 ans, et un vaccin existe[8] ; on le recherche avec un test antigénique rotavirus.
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- Ionogramme sanguinL'analyse qui contrôle les sels du sang
- Centers for Disease Control and Prevention. About norovirus. 24 avril 2024. cdc.gov (consulté le 27 octobre 2026)
- Centers for Disease Control and Prevention. Norovirus facts and stats. 8 mai 2024. cdc.gov (consulté le 27 octobre 2026)
- MedlinePlus Medical Encyclopedia. Viral gastroenteritis (stomach flu). Revu le 27 avril 2026. US National Library of Medicine. medlineplus.gov (consulté le 27 octobre 2026)
- Centers for Disease Control and Prevention. Laboratory testing for norovirus. 24 avril 2024. cdc.gov (consulté le 27 octobre 2026)
- Robilotti E, Deresinski S, Pinsky BA. Norovirus. Clin Microbiol Rev. 2015;28(1):134-164. doi:10.1128/CMR.00075-14 (consulté le 27 octobre 2026)
- Bok K, Green KY. Norovirus gastroenteritis in immunocompromised patients. N Engl J Med. 2012;367(22):2126-2132. doi:10.1056/NEJMra1207742 (consulté le 27 octobre 2026)
- Centers for Disease Control and Prevention. Preventing norovirus. 13 janvier 2025. cdc.gov (consulté le 27 octobre 2026)
- Santé publique France. Gastro-entérites aiguës : la maladie. santepubliquefrance.fr (consulté le 27 octobre 2026)
- Anses. Comment éviter les intoxications alimentaires liées aux norovirus ? 18 août 2025. anses.fr (consulté le 27 octobre 2026)
- Agence régionale de santé de Corse. Épisode de gastroentérites aiguës (GEA). 9 mars 2023. corse.ars.sante.fr (consulté le 27 octobre 2026)
- Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur. Questions et réponses sur les norovirus (gastro-entérite virale) à l'intention des patients et des professionnels de la santé. paca.ars.sante.fr (consulté le 27 octobre 2026)
- Groupe francophone d'hépatologie, gastroentérologie et nutrition pédiatriques (GFHGNP). Diarrhée aiguë du nourrisson et de l'enfant : recommandations d'experts 2024. gfhgnp.org (consulté le 27 octobre 2026)
- Santé publique France. Liste des maladies à déclaration obligatoire. santepubliquefrance.fr (consulté le 27 octobre 2026)
Cette page donne des informations générales. Elle ne remplace pas l'avis d'un médecin, qui évalue la déshydratation et décide des analyses et du traitement.



