L'essentiel

Le rapport cholestérol total/HDL (ou rapport CT/HDL) est votre cholestérol total divisé par votre cholestérol HDL. Plus il est bas, mieux c'est : moins de 5 est la limite habituelle des laboratoires, moins de 3,5 à 4 est jugé favorable. C'est un résumé rapide du risque cardiaque, mais un même rapport peut cacher des chiffres très différents : lisez-le avec votre LDL, votre cholestérol non-HDL et votre risque global.

Comment lire le rapport cholestérol total/HDL sur ma prise de sang ?

Dans cet exemple fictif de bilan lipidique, le rapport n'est pas mesuré : le laboratoire le calcule à partir de deux lignes situées au-dessus.

Exemple fictif de compte-rendu de bilan lipidique (format français)
AnalyseRésultatValeurs de référenceSignal
Cholestérol total2,10 g/L (5,43 mmol/L)< 2,00 g/LH ↑
Cholestérol HDL0,42 g/L (1,09 mmol/L)> 0,40 g/L-
Triglycérides1,40 g/L (1,58 mmol/L)< 1,50 g/L-
Cholestérol LDL (calculé, Friedewald)1,40 g/L (3,62 mmol/L)Objectif selon votre niveau de risque-
Cholestérol non-HDL1,68 g/L (4,34 mmol/L)< 1,30 g/LH ↑
Rapport CT/HDL5,0< 5,0H ↑
  1. Cholestérol total et HDL sont les deux valeurs mesurées qui servent au calcul.
  2. Rapport CT/HDL 5,0 : 2,10 ÷ 0,42 = 5,0. Il n'a pas d'unité : vous obtenez le même chiffre à partir des g/L ou des mmol/L.
  3. Valeurs de référence : beaucoup de laboratoires indiquent « inférieur à 5,0 » ; d'autres sont plus stricts, par exemple moins de 4[9]. La norme de votre laboratoire prime.
  4. LDL : en France, il est le plus souvent calculé par la formule de Friedewald, et son objectif dépend de votre risque[8].
  5. Cholestérol non-HDL : les deux mêmes chiffres, soustraits au lieu d'être divisés (2,10 − 0,42 = 1,68 g/L).

Même cholestérol total, autre histoire : avec un HDL de 0,70 g/L, le rapport serait de 3,0. Notre guide pour lire un bilan lipidique explique chacune des autres lignes.

Le rapport n'est qu'une ligne de votre compte-rendu. BloodSense lit votre bilan lipidique complet, ligne par ligne, et vous aide à préparer vos questions pour la consultation.

Faire expliquer mes résultats de cholestérol

À quoi sert le rapport cholestérol total/HDL ?

Le rapport réunit deux forces opposées en un seul chiffre. Le cholestérol total comprend les particules qui forment les plaques dans la paroi des artères, tandis que le cholestérol HDL est associé à un risque plus faible. Diviser l'un par l'autre montre l'équilibre entre les deux. On l'appelle parfois indice de Castelli[3].

C'est un bon résumé. Dans 61 études regroupant environ 900 000 adultes, le rapport total/HDL était le meilleur indicateur simple du risque de décès par maladie coronarienne : 40 % plus informatif que le cholestérol non-HDL et plus de deux fois plus informatif que le cholestérol total seul[2].

C'est pourquoi certains calculateurs de risque l'utilisent. QRISK3, l'outil des médecins généralistes en Angleterre, prend le rapport cholestérol total/HDL comme donnée d'entrée[6]. Les équations PREVENT de l'American Heart Association utilisent, elles, le cholestérol non-HDL et le HDL séparément[7]. En France, le risque cardiovasculaire à 10 ans est estimé avec SCORE2 entre 40 et 69 ans et SCORE2-OP entre 70 et 89 ans, et les recommandations françaises de 2026 font du LDL la principale cible de traitement[8][11]. Dans tous les cas, le rapport aide à estimer un risque ; ce n'est pas un diagnostic.

Quelles sont les valeurs normales du rapport cholestérol total/HDL ?

Plus il est bas, mieux c'est. Les seuils varient selon les sources et les laboratoires, et ils sont souvent plus stricts pour les femmes, dont les limites de HDL sont plus élevées[1].

Exemples de seuils du rapport cholestérol total/HDL chez l'adulte (la norme de votre laboratoire prime)
SituationHommesFemmesSource
Risque plus élevé, sans maladie cardiaquePlus de 5,0Plus de 4,5Revue d'experts espagnols des lipides[3]
Objectif, sans maladie cardiaqueMoins de 4,5Moins de 4,0Même revue[3]
Objectif après un infarctus ou un AVCMoins de 3,5Moins de 3,0Même revue[3]
Exemple de norme d'un laboratoire hospitalierMoins de 4Guide d'un laboratoire hospitalier néerlandais[9]

Le rapport n'a pas d'unité : ces chiffres valent que votre laboratoire exprime le cholestérol en g/L, en mmol/L ou en mg/dL. Pour les valeurs prises une à une, MedlinePlus situe un cholestérol total souhaitable sous 2,00 g/L et un HDL idéal à 0,60 g/L ou plus ; un HDL sous 0,40 g/L (hommes) ou 0,50 g/L (femmes) est considéré comme bas[1]. En France, un HDL inférieur à 0,40 g/L compte parmi les facteurs de risque cardiovasculaire[12].

Que signifie un rapport cholestérol total/HDL supérieur à 5 ?

Un rapport élevé signifie trop de cholestérol dans les particules qui forment les plaques, trop peu de HDL, ou les deux. Il augmente le risque de maladie cardiaque mais ne donne aucun symptôme.

  • Fréquent HDL bas, avec la sédentarité, le tabac, un excès de graisse abdominale, des triglycérides élevés ou une résistance à l'insuline. Un HDL bas va de pair avec les composantes du syndrome métabolique[3].
  • Fréquent LDL élevé, lié à l'alimentation, au poids ou à une tendance familiale, qui fait monter le cholestérol total. Voir les taux de cholestérol LDL.
  • Possible Une autre cause qui élève le cholestérol, comme une thyroïde qui fonctionne au ralenti, ou certains médicaments. La grossesse augmente le cholestérol total d'environ 40 % aux deuxième et troisième trimestres : le rapport dit alors peu de chose du risque cardiaque[9].
  • Rare Hypercholestérolémie héréditaire (familiale), évoquée quand le LDL dépasse environ 1,90 g/L[10].

Un rapport bas est en général rassurant. Mais il peut venir d'un HDL très élevé, et un HDL élevé n'annule pas un LDL élevé. Le piège inverse existe aussi : un rapport peut sembler correct alors que toutes les valeurs sont hautes.

Deux personnes avec le même rapport de 4,0
PersonneCholestérol totalHDLRapportNon-HDL
A3,00 g/L0,75 g/L4,02,25 g/L
B1,60 g/L0,40 g/L4,01,20 g/L

La personne A transporte presque deux fois plus de cholestérol dans les particules nocives. C'est pourquoi les médecins ne traitent jamais le rapport seul.

Rapport CT/HDL, non-HDL, LDL ou ApoB/ApoA1 : lequel compte le plus ?

Comparaison du rapport avec les autres mesures des lipides
MesureComment on l'obtientUsage principal
Rapport total/HDLCholestérol total ÷ HDLRésumé du risque ; donnée d'entrée de QRISK3[6]
Cholestérol non-HDLCholestérol total − HDLEstimation du risque dans PREVENT, sans jeûne[7] ; objectifs français, par exemple moins de 0,85 g/L en risque très élevé[11]
Cholestérol LDLLe plus souvent calculé par une formulePrincipale cible de traitement en France[8]
Rapport ApoB/ApoA1Deux dosages de protéines en plusCompte les particules plutôt que le cholestérol[4]

Le rapport et le non-HDL viennent des deux mêmes chiffres. Chez 302 430 personnes, le rapport non-HDL/HDL et le rapport ApoB/ApoA1 prédisaient les maladies cardiaques à peu près aussi bien (rapports de risque 1,50 et 1,49)[5]. Dans l'étude INTERHEART, menée dans 52 pays, le rapport ApoB/ApoA1 faisait mieux : il expliquait 54 % du risque d'infarctus dans la population, contre 32 % pour le rapport total/HDL[4]. Les apolipoprotéines demandent un dosage en plus et sont plutôt réservées aux cas peu clairs : voir l'apolipoprotéine B et l'apolipoprotéine A1.

Pour le traitement, votre médecin parlera surtout du LDL. Les recommandations françaises conseillent aussi de doser la lipoprotéine(a) au moins une fois dans sa vie, un facteur de risque héréditaire que le rapport ne montre pas[8][11].

Qu'est-ce qui peut fausser le rapport avant la prise de sang ?

  • Le jeûne compte peu : après un repas habituel, le cholestérol total baisse au plus d'environ 0,08 g/L et le HDL ne change pas[10]. Suivez quand même les consignes de votre ordonnance ; voir la prise de sang à jeun.
  • En France, le jeûne reste recommandé pour rechercher une hypertriglycéridémie ; si les triglycérides dépassent 4,40 g/L sans jeûne, le résultat est à confirmer à jeun[11].
  • Attendez au moins 3 mois après un infarctus ou une infection sévère : le cholestérol peut être faussement bas[9].
  • Évitez ce dosage pendant la grossesse s'il s'agit d'évaluer le risque cardiaque[9].
  • Comparez des rapports du même laboratoire, et laissez passer environ 3 mois après un changement d'alimentation, de poids ou de traitement.
  • Continuez vos médicaments habituels, sauf avis contraire.

Quand consulter pour un rapport cholestérol total/HDL élevé ?

Quand consulter

  • Urgence : appelez le 15 (SAMU) ou le 112 en cas de douleur dans la poitrine, d'essoufflement brutal, de faiblesse d'un côté du corps, de difficulté à parler ou de bouche déformée.
  • Dans les semaines qui viennent si le LDL dépasse 1,90 g/L ou les triglycérides 8,80 g/L, ou si des proches ont eu une maladie cardiaque jeunes[10].
  • Au prochain rendez-vous pour un rapport signalé élevé, ou qui augmente d'un bilan à l'autre.

Questions à poser à votre médecin

  1. Mon rapport est-il élevé à cause de mon LDL, de mon HDL ou des deux ?
  2. Quel est mon risque cardiovasculaire à 10 ans, et quelles valeurs ont servi à le calculer ?
  3. Quel objectif de LDL ou de non-HDL dois-je viser ?
  4. Un dosage de l'apoB ou de la Lp(a) changerait-il quelque chose pour moi ?

Questions fréquentes

Un rapport cholestérol total/HDL de 3, c'est bien ?

Oui, un rapport de 3 est sous les seuils utilisés chez les hommes et les femmes sans maladie cardiaque[3]. Vérifiez quand même votre LDL : un HDL très élevé peut faire baisser le rapport sans faire baisser le LDL.

Comment calculer soi-même son rapport cholestérol ?

Divisez le cholestérol total par le HDL, tous deux dans la même unité. Un total de 2,00 g/L avec un HDL de 0,50 g/L donne 4,0 ; en mmol/L, 5,17 ÷ 1,29 donne aussi 4,0.

Le rapport CT/HDL est-il le même que le rapport LDL/HDL ?

Non. Le rapport LDL/HDL utilise le LDL à la place du cholestérol total, donc ses seuils sont plus bas : autour de 3 à 3,5 chez l'homme sans maladie cardiaque[3].

Une statine modifie-t-elle le rapport ?

En général oui, car elle fait baisser le cholestérol total bien plus qu'elle ne change le HDL. Votre médecin jugera surtout l'effet sur le LDL ou le non-HDL.

Articles liés

  1. MedlinePlus. Cholesterol levels. US National Library of Medicine. medlineplus.gov (consulté le 1er novembre 2026)
  2. Prospective Studies Collaboration; Lewington S, Whitlock G, Clarke R, et al. Blood cholesterol and vascular mortality by age, sex, and blood pressure: a meta-analysis of individual data from 61 prospective studies with 55,000 vascular deaths. Lancet. 2007;370(9602):1829-1839. doi:10.1016/S0140-6736(07)61778-4 (consulté le 1er novembre 2026)
  3. Millán J, Pintó X, Muñoz A, et al. Lipoprotein ratios: physiological significance and clinical usefulness in cardiovascular prevention. Vasc Health Risk Manag. 2009;5:757-765. doi:10.2147/VHRM.S6269 (consulté le 1er novembre 2026)
  4. McQueen MJ, Hawken S, Wang X, et al. Lipids, lipoproteins, and apolipoproteins as risk markers of myocardial infarction in 52 countries (the INTERHEART study): a case-control study. Lancet. 2008;372(9634):224-233. doi:10.1016/S0140-6736(08)61076-4 (consulté le 1er novembre 2026)
  5. Emerging Risk Factors Collaboration; Di Angelantonio E, Sarwar N, Perry P, et al. Major lipids, apolipoproteins, and risk of vascular disease. JAMA. 2009;302(18):1993-2000. doi:10.1001/jama.2009.1619 (consulté le 1er novembre 2026)
  6. Hippisley-Cox J, Coupland C, Brindle P. Development and validation of QRISK3 risk prediction algorithms to estimate future risk of cardiovascular disease: prospective cohort study. BMJ. 2017;357:j2099. doi:10.1136/bmj.j2099 (consulté le 1er novembre 2026)
  7. Khan SS, Matsushita K, Sang Y, et al. Development and validation of the American Heart Association's PREVENT equations. Circulation. 2024;149(6):430-449. doi:10.1161/CIRCULATIONAHA.123.067626 (consulté le 1er novembre 2026)
  8. Bouillet B, Boulestreau R, Aboyans V, et al. Management of dyslipidemia in adults. A consensus statement from the French Society of Endocrinology (SFE), the French-speaking Diabetes Society (SFD), the New French-speaking Atherosclerosis Society (NSFA) and the French Society of Cardiology (SFC). Arch Cardiovasc Dis. 2026;119(6-7):507-532. doi:10.1016/j.acvd.2026.01.001 (consulté le 1er novembre 2026)
  9. Slingeland Ziekenhuis. Cholesterol/HDL ratio (K-CHOL_HDL). Guide des analyses du laboratoire. slingeland.nl (consulté le 1er novembre 2026)
  10. Nordestgaard BG, Langsted A, Mora S, et al. Fasting is not routinely required for determination of a lipid profile: a joint consensus statement from the European Atherosclerosis Society and European Federation of Clinical Chemistry and Laboratory Medicine. Eur Heart J. 2016;37(25):1944-1958. doi:10.1093/eurheartj/ehw152 (consulté le 1er novembre 2026)
  11. La Revue du Praticien. Dyslipidémies : nouvelles recos françaises. 13 février 2026. larevuedupraticien.fr (consulté le 1er novembre 2026)
  12. Santé.fr (Service public d'information en santé). Cholestérol. sante.fr (consulté le 1er novembre 2026)

Cette page donne une information générale. Elle ne remplace pas l'avis d'un médecin, qui interprète vos résultats en tenant compte de vos symptômes, de vos antécédents et de l'examen clinique.