SARM (staphylocoque doré résistant) : symptômes, analyses, traitement et prévention

L'essentiel
Le SARM est un staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) résistant aux antibiotiques habituellement utilisés contre ce microbe. Il vit le plus souvent sans gêne sur la peau et ne pose problème que lorsqu'il pénètre dans le corps, en général sous la forme d'une infection de la peau rouge, gonflée et douloureuse, comme un furoncle. Seule une analyse au laboratoire (prélèvement de plaie, pus, sang ou urine) dit s'il s'agit d'un SARM et quels antibiotiques agissent : c'est l'antibiogramme. Ne percez jamais la lésion vous-même. Confusion, gêne pour respirer ou éruption qui ne s'efface pas sont des urgences.
Qu'est-ce que le SARM, en bref ?
- Définition : « Staphylococcus aureus résistant à la méticilline » (SARM, MRSA en anglais), un staphylocoque doré que les antibiotiques habituels ne détruisent plus[1][3].
- Porteurs : environ une personne sur trois héberge un staphylocoque sur la peau ou dans le nez sans aucun problème[3] ; l'Institut Pasteur parle de 30 à 50 % de porteurs sains[6]. La plupart des porteurs de SARM n'ont aucun symptôme[2].
- Transmission : surtout par contact de peau à peau et par des objets contaminés[1][3].
- Diagnostic : une culture au laboratoire sur un prélèvement, avec un antibiogramme qui teste les antibiotiques[1][3][6].
- Traitement : des antibiotiques choisis d'après le résultat du laboratoire, parfois le drainage d'un abcès[1][3][6].
Quels sont les symptômes d'une infection à SARM ?
- Peau : une zone rouge (plus difficile à voir sur une peau brune ou noire), gonflée, chaude et douloureuse, qui peut laisser couler du pus, souvent comme un furoncle[1][2]. On peut la prendre pour une piqûre d'araignée[3].
- Quand l'infection gagne le corps : fièvre ou frissons, essoufflement, vertiges ou confusion[2]. Les infections graves peuvent atteindre le sang, le cœur, les poumons, l'urine, les os, les articulations ou le site d'une opération, avec douleur thoracique, toux, fatigue, maux de tête, éruption ou plaies qui ne cicatrisent pas[1].
« On ne peut pas savoir à l'œil nu si une lésion de la peau est une infection à SARM »[3] (traduction libre). C'est pourquoi un prélèvement est nécessaire.
Quand faut-il consulter ?
Quand consulter
- Urgence : appelez le 15 (SAMU) ou le 112 en cas de confusion ou de difficulté à parler, de gêne pour respirer, de peau, de lèvres ou de langue bleutées, grises ou pâles, ou d'éruption qui ne s'efface pas quand on appuie dessus avec un verre[2]. Ne prenez pas le volant vous-même.
- Dans les 24 à 48 heures pour une plaie ou une coupure rouge, gonflée, chaude et douloureuse qui laisse couler du pus, un furoncle qui grossit, ou une infection de la peau avec fièvre ou sans amélioration au bout de 48 heures[2][3].
- À votre prochain rendez-vous en cas de furoncles ou d'infections de la peau à répétition, de plaie lente à guérir, ou avant une opération si vous avez déjà eu un SARM[1].
Quelles sont les causes du SARM et qui est concerné ?
- Fréquent Contact de peau à peau avec une personne ou une plaie infectée, partage de serviettes, de rasoirs ou de matériel, coupures et peau abîmée[1][3].
- Fréquent Séjours de soins : hospitalisation longue, opération, dialyse, perfusions et dispositifs implantés, traitement d'un cancer ou médicaments qui affaiblissent les défenses immunitaires[1][2][3].
- Possible Sportifs, enfants en crèche, militaires en caserne, personnes qui s'injectent des drogues, tatouage récent et grippe ou infection pulmonaire récente[1][3].
- Rare Complications d'une infection non traitée : pneumonie, infection du sang, infection du site opératoire, septicémie ou décès[3].
Quelles analyses permettent de diagnostiquer un SARM ?
Le seul moyen d'en être sûr est de faire l'analyse[1]. Le médecin envoie un prélèvement au laboratoire[3] : écouvillon d'une lésion de la peau, pus d'un abcès, ou sang, urine ou crachats[1]. Le laboratoire identifie la bactérie, puis teste les antibiotiques sur elle[1]. En France, ce test s'appelle l'antibiogramme[6]. Ce compte-rendu de culture et d'antibiogramme se lit comme un ECBU (culture d'urine) ou une coproculture. Voici un exemple fictif.
| Analyse | Résultat | Attendu | Indicateur |
|---|---|---|---|
| Culture de plaie | Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) | Pas de germe pathogène | POS |
| Céfoxitine (test de résistance à la méticilline) | Résistant | Sensible | R |
| Vancomycine | Sensible | Sensible | S |
| Doxycycline | Sensible | Sensible | S |
| Triméthoprime-sulfaméthoxazole | Sensible | Sensible | S |
- Résistant à la méticilline (SARM) : le staphylocoque a été trouvé et résiste aux antibiotiques habituels contre ce germe[1].
- Sensibilité (S, I, R) : S, « sensible », veut dire que l'antibiotique devrait agir ; R, « résistant », qu'il n'agira pas ; I signale une sensibilité intermédiaire, que le laboratoire précise. Votre médecin choisit parmi les lignes « S » en tenant compte de vos antécédents[1].
- Prélèvements de dépistage : avant une opération, des écouvillons du nez, de la bouche, des aisselles, de l'aine et de toute plaie peuvent être envoyés au laboratoire[2]. Une personne qui porte le SARM sans infection a rarement besoin d'un traitement[1].
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Faire expliquer mon compte-rendu de cultureQue signifie un dépistage de SARM positif ?
Avant une opération, l'hôpital peut faire des prélèvements du nez, de la bouche, des aisselles, de l'aine et de toute plaie ou peau abîmée[2]. Un résultat positif veut dire que vous portez le SARM sur la peau ou dans le nez. Cela ne signifie pas que vous êtes malade : les porteurs sans infection ont rarement besoin d'un traitement[1]. Votre équipe peut proposer une pommade ou un spray pour le nez et une toilette antiseptique pendant 5 à 10 jours environ[2]. À l'hôpital, l'isolement du patient et des règles d'hygiène strictes limitent la transmission[6]. Signalez toujours un ancien résultat de SARM à vos soignants[1].
Le SARM est-il seulement un problème d'hôpital ?
Les infections graves touchent surtout les personnes atteintes d'une maladie de longue durée ou hospitalisées longtemps[1]. Mais des personnes en bonne santé peuvent aussi avoir une infection de la peau, en particulier les sportifs qui partagent serviettes ou rasoirs, les enfants en crèche et les personnes tatouées depuis peu[1][3]. Une fois dans le corps, le germe peut atteindre os, articulations, sang et organes[1].
Quelles prises de sang peuvent accompagner une infection à SARM ?
Quand l'infection s'étend, le médecin peut ajouter une numération formule sanguine, une CRP ou une procalcitonine, ainsi que des hémocultures, pour mesurer l'inflammation et chercher des bactéries dans le sang. Ces examens ne prouvent pas à eux seuls qu'il s'agit d'un SARM : seule la culture le fait[1][4].
Comment soigne-t-on une infection à SARM ?
Aucun nom de médicament ni dose n'est donné ici : c'est votre médecin qui les choisit.
- Infection de la peau : le drainage par un soignant peut suffire. Ne le faites jamais vous-même[1][3].
- Antibiotiques : le choix dépend du résultat du laboratoire, des recommandations et de votre état de santé. Une infection légère peut se traiter par comprimés ; une infection grave peut nécessiter des antibiotiques par perfusion à l'hôpital[1][2][6].
- Infections graves des poumons ou du sang : elles sont plus difficiles à soigner et les antibiotiques peuvent continuer après la sortie de l'hôpital[1]. Les recommandations traitent séparément peau, sang et valves du cœur, poumons, os et articulations, système nerveux[5].
- Porteurs : après un dépistage positif, une pommade ou un spray pour le nez et un savon et un shampoing antiseptiques peuvent être utilisés pendant 5 à 10 jours environ (NHS)[2].
Comment éviter le SARM ?
- Lavez-vous les mains à l'eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique, y compris en sortant d'un établissement de soins[1].
- Couvrez les coupures avec un pansement propre et sec et ne grattez ni ne percez jamais un bouton[1][3].
- Ne partagez ni serviettes, ni vêtements, ni rasoirs, ni cosmétiques[1].
- Prévenez votre médecin avant une opération si vous avez eu des infections à répétition ou un SARM[1].
Questions à poser à votre médecin
- Mon prélèvement a-t-il été testé pour le SARM, et quels antibiotiques l'antibiogramme indique-t-il comme efficaces ?
- Faut-il drainer mon infection, et par qui ?
- Comment protéger les personnes de mon foyer ?
- Ai-je besoin d'un prélèvement de dépistage ou d'un traitement pour éliminer le portage ?
- Quels signes doivent me faire vous appeler ou aller aux urgences ?
Questions fréquentes
Le SARM, est-ce la même chose que le staphylocoque doré ?
Le SARM est une forme de staphylocoque doré qui résiste à plusieurs antibiotiques. La plupart des infections à staphylocoque sont dues à Staphylococcus aureus[3][4].
Peut-on porter le SARM sans être malade ?
Oui. Beaucoup de porteurs n'ont aucun symptôme et ont rarement besoin d'un traitement[1][2].
Une infection à SARM se soigne-t-elle ?
Oui. Il existe des antibiotiques contre le SARM, et certaines infections nécessitent un drainage[3].
Le SARM est-il contagieux ?
Oui, surtout par contact avec la peau et par des objets contaminés[1][3]. Une bonne hygiène des mains réduit le risque.
Une prise de sang peut-elle montrer un SARM ?
Seule une hémoculture peut montrer des bactéries dans le sang. Les bilans sanguins courants montrent l'inflammation, pas le germe[1].
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- Numération formule sanguineLes globules blancs et le tableau d'une infection
- MedlinePlus Medical Encyclopedia. MRSA. Revu le 29 août 2024. US National Library of Medicine. medlineplus.gov (consulté le 24 octobre 2026)
- National Health Service. MRSA. Revu le 9 octobre 2026. nhs.uk (consulté le 24 octobre 2026)
- Centers for Disease Control and Prevention. About MRSA. Revu le 26 juin 2025. cdc.gov (consulté le 24 octobre 2026)
- MedlinePlus. Staphylococcal infections (health topic). Mis à jour le 8 novembre 2023. US National Library of Medicine. medlineplus.gov (consulté le 24 octobre 2026)
- Liu C, Bayer A, Cosgrove SE, et al. Clinical practice guidelines by the Infectious Diseases Society of America for the treatment of methicillin-resistant Staphylococcus aureus infections in adults and children. Clin Infect Dis. 2011;52(3):e18-e55. doi:10.1093/cid/ciq146 (consulté le 24 octobre 2026)
- Institut Pasteur. Staphylocoque. Mis à jour en août 2024. pasteur.fr (consulté le 24 octobre 2026)
Cette page donne des informations générales. Elle ne remplace pas l'avis d'un médecin, qui interprète vos résultats avec vos symptômes, vos antécédents et votre examen.



