L'essentiel

Une prise de sang dure environ dix minutes, et l'aiguille elle-même quelques secondes. La personne qui prélève nettoie la peau, pose un garrot sur le haut du bras, prend le sang dans une veine du pli du coude, puis couvre le point de piqûre. Vous sentirez surtout une brève piqûre et, au pire, un petit bleu. Demandez si vos examens exigent d'être à jeun, continuez à boire de l'eau et prévenez le préleveur si les aiguilles vous angoissent.

Comment se passe une prise de sang, étape par étape ?

Le geste s'appelle une ponction veineuse. Le sang est le plus souvent prélevé à l'intérieur du coude ou sur le dos de la main[1]. La visite entière dure en général une dizaine de minutes[2].

  1. Vérification de l'identité. La personne qui prélève (infirmier, préleveur du laboratoire) confirme votre nom et étiquette les tubes.
  2. Garrot. Une bande élastique est placée autour du haut du bras pour que les veines se remplissent de sang[1].
  3. Désinfection. La peau est nettoyée avec un antiseptique[1].
  4. Aiguille et tubes. L'aiguille entre dans la veine et le sang coule dans un ou plusieurs tubes. Vous pouvez sentir une légère douleur ou une piqûre[1].
  5. Retrait et pansement. Le garrot est enlevé, l'aiguille retirée et le point de piqûre couvert avec un pansement ou du coton[1][2].

Chez les bébés et les jeunes enfants, une petite piqûre au bout du doigt ou du talon avec une lancette peut remplacer l'aiguille dans le bras[1].

Comment se préparer à une prise de sang ?

La préparation dépend des examens, et beaucoup n'en demandent aucune[1].

  • Demandez si vos examens exigent d'être à jeun, et pendant combien de temps. Certains demandent de ne rien manger ni boire d'autre que de l'eau pendant un temps limité[2]. Notre guide sur la prise de sang à jeun détaille les examens concernés.
  • Continuez à boire de l'eau si vous êtes à jeun : elle est autorisée[2].
  • N'arrêtez pas et ne changez pas vos médicaments sans en parler d'abord à votre médecin[1]. On peut vous demander d'en suspendre quelques-uns, comme les anticoagulants[2].
  • Apportez votre ordonnance et votre carte Vitale.
  • Si vous êtes anxieux, dites-le à la personne qui va prélever[2], et pensez à vous faire accompagner[2].

Vous avez déjà les résultats d'une précédente prise de sang ? BloodSense lit chaque ligne de votre compte-rendu avec vous et vous aide à préparer vos questions pour le médecin.

Comprendre ma prise de sang

Une prise de sang fait-elle mal, et que se passe-t-il ensuite ?

Attendez-vous à une brève piqûre à l'entrée de l'aiguille, puis à quelques élancements au point de ponction[1]. Un bleu (hématome) ou un gonflement est possible et doit se résorber en quelques jours[2].

Quand consulter

  • Urgence : appelez le 15 (SAMU) ou le 112 si vous perdez connaissance et ne revenez pas vite à vous, ou si vous avez une douleur dans la poitrine ou du mal à respirer après la prise de sang.
  • Dans les 24 à 48 heures si le bras gonfle de plus en plus, devient chaud, rouge ou très douloureux, si vous avez des fourmillements ou un engourdissement dans le bras ou la main, ou si de la fièvre apparaît.
  • Au prochain rendez-vous si un bleu est encore visible après quelques jours[2] ou si vous voulez parler de votre peur des aiguilles.

Que faire si on a peur des aiguilles ou si on fait des malaises ?

La peur des prises de sang est courante. Chez les personnes atteintes de phobie du sang et des injections, 75 % disent avoir déjà perdu connaissance face à ce qu'elles redoutent[6]. Le malaise survient parce que la tension artérielle ou la fréquence cardiaque chute après une première réaction de stress[7].

  • Fréquent Prévenir le personnel avant. Il peut vous aider à vous sentir plus à l'aise[2]. Vous pouvez demander à être allongé pour le prélèvement.
  • Possible Contracter ses muscles. Contracter les muscles des bras, des jambes et du tronc (tension appliquée) est une technique proposée pour contrer la chute de tension[7].
  • Possible Respirer lentement et régulièrement. La respiration contrôlée fait aussi l'objet d'études[7].

La façon de prélever peut-elle fausser les résultats ?

Oui. L'hémolyse, c'est-à-dire la destruction des globules rouges dans le tube, est l'une des premières causes d'erreurs de laboratoire avant même l'analyse de l'échantillon[3]. Les revues la relient à un garrot laissé plus d'une minute, à des tubes remplis à moins de la moitié et à des prélèvements faits ailleurs qu'au pli du coude[3]. Dans une simulation, serrer le garrot avant d'avoir repéré la veine et le laisser jusqu'au remplissage des tubes pouvait multiplier l'hémolyse par dix[4].

Si un résultat vous paraît bizarre, demandez si l'échantillon était hémolysé. Voir erreurs de laboratoire ou vraie urgence.

Le jeûne compte aussi moins qu'on ne le croit pour certains examens. Des experts européens recommandent un prélèvement sans jeûne pour le bilan de cholestérol courant, le jeûne n'étant envisagé que lorsque les triglycérides sont très élevés (au-dessus de 5 mmol/L, soit 4,4 g/L)[5]. Voir les résultats du bilan lipidique.

Quels examens fait-on sur la même prise de sang ?

Un seul prélèvement peut remplir plusieurs tubes. Les plus courants sont la numération formule sanguine, le bilan métabolique de base et le bilan métabolique complet. Les résultats arrivent souvent en quelques jours, et le plus souvent en quelques semaines au plus[2]. Notre guide pour comprendre les résultats de laboratoire montre comment les lire.

Questions fréquentes

Combien de temps dure une prise de sang ?

La visite entière dure en général une dizaine de minutes[2].

Peut-on boire de l'eau avant une prise de sang ?

Oui. Même quand il faut être à jeun, l'eau plate est autorisée[2].

Pourquoi met-on un garrot autour du bras ?

Il rend le sang plus facile à prélever[2]. Au-delà d'une minute, il augmente le risque d'hémolyse[3].

Puis-je prendre mes médicaments le matin d'une prise de sang à jeun ?

N'arrêtez pas et ne changez pas vos médicaments sans en parler à votre médecin[1]. Certains, comme les anticoagulants, peuvent devoir être suspendus pour certains examens[2].

Analyses et guides liés

Références

  1. MedlinePlus Medical Encyclopedia. Venipuncture. medlineplus.gov (consulté le 22 octobre 2026)
  2. NHS. Blood tests. nhs.uk (consulté le 22 octobre 2026)
  3. McCaughey EJ, et al. Key factors influencing the incidence of hemolysis: a critical appraisal of current evidence. Crit Rev Clin Lab Sci. 2017;54(1):59-72. doi:10.1080/10408363.2016.1250247 (consulté le 22 octobre 2026)
  4. Reed S, Remenyte-Prescott R, Rees B. Effect of venepuncture process design on efficiency and failure rates: a simulation model study for secondary care. Int J Nurs Stud. 2017;68:73-82. doi:10.1016/j.ijnurstu.2016.12.010 (consulté le 22 octobre 2026)
  5. Nordestgaard BG, et al. Fasting is not routinely required for determination of a lipid profile (EAS and EFLM joint consensus statement). Eur Heart J. 2016;37(25):1944-58. doi:10.1093/eurheartj/ehw152 (consulté le 22 octobre 2026)
  6. Ducasse D, et al. Blood-injection-injury phobia: psychophysiological and therapeutic specificities. Encephale. 2013;39(5):326-31. doi:10.1016/j.encep.2012.06.031 (consulté le 22 octobre 2026)
  7. Ritz T, Meuret AE, Ayala ES. The psychophysiology of blood-injection-injury phobia: looking beyond the diphasic response paradigm. Int J Psychophysiol. 2010;78(1):50-67. doi:10.1016/j.ijpsycho.2010.05.007 (consulté le 22 octobre 2026)
  8. Service-Public.gouv.fr. Ticket modérateur, participation forfaitaire et franchises (Sécurité sociale). Vérifié le 1er octobre 2026. service-public.gouv.fr (consulté le 22 octobre 2026)
  9. Service-Public.gouv.fr. Quel dépistage pour quelle maladie ? Vérifié le 13 mars 2026. service-public.gouv.fr (consulté le 22 octobre 2026)

Cet article donne une information générale sur la santé. Il ne remplace ni un examen, ni un diagnostic, ni un traitement par un médecin. Si vous perdez connaissance, si la douleur est vive ou si vous remarquez des signes d'infection après une prise de sang, consultez sans attendre.